Whiskeytown – Avant la gueule de bois…

Publié le Mis à jour le

© Lost Highway Records

Avant d’être un prolifique songwriter folk reconnu Outre-Atlantique, le chanteur Ryan Adams témoignait déjà de son amour pour la guitare au sein de Whiskeytown. Avec le recul, il est étonnant de voir à quel point ce groupe, qui connut son heure de gloire nationale et commerciale aux débuts des années 90, s’est construit un parcours artistique mouvementé, en complète opposition avec les mélodies calmes et apaisées de leur courte discographie.

A l’époque, Ryan Adams a à peine 20 ans et déjà une tendance presque insolente à composer avec facilité des chansons folks à la poésie brute. Repéré par Universal, le groupe signe chez la major dès 1997 et sort l’album Strangers Almanac dans la foulée d’une année où les sessions d’enregistrements furent mouvementées. En effet, les directions d’Adams, qui s’attache vite à imposer sa définition personnelle d’une composition acoustique, ne sont pas toujours très bien accueillies par les autres musiciens.

Écoute de Losering

Bien reçu par la critique et le public, Strangers Almanac est un album tempéré mais tempétueux, tel que Neil Young aurait pu en produire dans ses jeunes années. S’écoutant comme une vraie traversée romantique, la météo variable qui ambiance les ballades sentimentales jusqu’aux chansons douces et passionnées est de toute beauté. D’une délicatesse sans fards, cet équilibre entre beau fixe et orages bruts est le relief de ce qu’il se trame en coulisses : alors en pleine tournée, Whiskeytown connaît une vague successive de départs; Ryan Adams ne gardant au final que la chanteuse Caitlin Cary pour assurer les chœurs.

Écoute de Inn Town

© Lost Highway Records

L’album suivant, Pneumonia, reste le dernier de cette formation instable qui repart avec un nouveau line-up dès 1999. Gardant ce même amour pour l’alliage de la folk et de la country, Whiskeytown s’essaye à la pop sur quelques plages, dans l’espoir de garantir l’ouverture d’un plus large public. Si l’univers du groupe reste le même (des confusions sentimentales souvent noyées par des lendemains éthyliques dans des bars paumés), le disque provoque moins d’enthousiasme que le précédent. Cela s’explique probablement aux différents mixages qu’a du subir l’album; Pneumonia étant mixé par Scott Litt puis par Ethan Johns à plus d’une année d’intervalle.

Malgré tout, on y trouve encore de belles ballades dont les structures basiques serviront plus tard de modèles à l’inégale carrière solo de Ryan Adams, désormais libre de pouvoir chanter ses propres humeurs.

Ecoute de Easy Hearts 

Jeoffroy Vincent

A bon entendeur :

Le site officiel de Ryan Adams

Strangers Almanac (Geffen/Outpost), paru le 29 juillet 1997 (et édité en version Deluxe le 4 mars 2008).
Pneumonia (Lost Highway Records), paru le 22 mai 2001. En écoute ici.

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