Professor Longhair – Précurseur échevelé de l’afrobeat

Publié le Mis à jour le

© Christopher R.Harris

Si on vous demande de citer quelques musiciens célèbres issus de La Nouvelle-Orléans, vous répondrez très probablement, sans bafouiller et tout de go, Louis Amstrong et Sidney Bechet. Les plus téméraires d’entre vous s’empresseront d’ajouter le nom de Louis Prima, adoubé des adultes (on lui doit Buena Sera ou Just a Gigolo) et vénéré des enfants pour avoir incarné le roi Louis dans le dessin animé Le Livre de la Jungle. Les finauds diront qu’il ne faut pas oublier celui de Jelly Roll Morton, en vantant les mérites de ce pionnier du piano qui faisait rouler les touches blanches et noires depuis les maisons closes de la Louisiane jusqu’aux grandes scènes de Chicago.

Mais qui se targuera de citer au milieu de toutes ces figures phares d’un jazz entraînant le nom de Professor Longhair, cet artiste au drôle de nom mais dont la renommée louisianaise demeure très populaire ? Réconcilions tout ce beau monde en écoutant Tipitina, dont le nom renvoie à un célèbre club de jazz, et qui a ensuite été repris plusieurs fois par The Neville Brothers ou les Blind Boys of Alabama :

Ecoute de Tipitina

© Professor Longhair

Mais avant d’avoir un nom de scène échevelé, Professor Longhair s’appelle Henry Roeland Bird. Cuisinier, joueur de cartes, boxeur, Bird apprend le piano en autodidacte. Il commence à sa carrière après guerre, en 1948, et se surnomme Professor Longhair en raison de sa coupe de cheveux inhabituelle pour l’époque.

Il se taille une bonne réputation scénique qui lui vaut d’être signé chez Mercury.

Le professeur donne alors quelques belles preuves de son savoir avec des titres comme Tipitina ou Go to the Mardi Gras qui, non seulement font la part belle à sa région natale, mais témoigne également de toute la virtuosité fantasque avec laquelle ce précurseur de l’Afrobeat marie les genres.

Go to the Mardi Gras devient si populaire qu’il est aujourd’hui considéré comme une sorte d’hymne de La Nouvelle-Orléans. Dès le début des années 60, le destin pernicieux décide de changer la donne de ce jazzman pas comme les autres. Les feux de la rampe s’éteignent pour le Professor Longhair : ce dernier redevient Henry Roeland Bird et survit en faisant des ménages. Ce n’est qu’à l’orée des années 70, notamment par l’intermédiaire d’un certain Paul McCartney, que le Professor recommence à enseigner. On redécouvre alors cet artiste culte d’une région où le jazz a vu le jour et on le programme dans de nombreux festivals. Le Professor Longhair décèdera dans son sommeil, pendant le tournage d’un documentaire autour des pianistes de renom.

Sans doute aurait-il aimé que l’on se souvienne de lui en mentionnant la chanson Big Chief, titre qui évoque à la fois la tradition louisianaise des Indiens qui paradent lors de Mardi-Gras et qui en dit long sur ce génie méconnu qui régnait en maître sur le tempo.

Ecoute de Big chief

Jeoffroy Vincent

A bon entendeur :

Le MySpace de Professor Longhair

Écouter l’œuvre de Professor Longhair

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