Jeff Buckley – Sweet thing for a mystery white boy

Publié le Mis à jour le

Jimmy Page (Led Zeppelin) le considérait comme  étant "le meilleur chanteur à être apparu depuis probablement vingt ans". Alors que deux biopics sont en tournage et, sauf contrordres, attendus pour 2013, on se devait de rendre un modeste hommage à une bouleversante figure du rock, disparue il y a quinze ans. 

Il avait une voix d’ange. L’affirmer encore de nos jours sonne comme un cliché incroyable mais, de Jeff Buckley, on ne peut guère dire mieux. L’écouter a quelque chose de religieux. Provoque une évasion immédiate, vers d’autres cieux, une sorte de no man’s land insondable où, paradoxalement, tout se comprend enfin. Sans doute fallait-il y voir dans ce caractère sacré la raison de l’unicité de Jeff Buckley. Oui, Jeff Buckley était unique. Non pas parce que la trajectoire de sa carrière fut aussi fulgurante que celle d’une étoile dans le ciel. Comme lui, le panthéon du rock et de la musique compte beaucoup de comètes qui ont laissé  derrières elles des traces irréversibles. Jeff Buckley est unique parce que, tout en s’ouvrant aux autres, il se suffit à lui-même. Nul besoin de musiciens additionnels pour lui donner des ailes. Pas de superflu ni de fausses notes surnageant dans un tourbillon empathique, même au plus fort du cyclone émotionnel.

Son jeu de guitare, alangui, étiré et incroyablement vif, renforçait son extraordinaire aptitude vocale, prompte à conquérir les âmes tourmentées venues l’écouter sans trop savoir comment elles en sortiraient indemnes. Car il est impossible de ne pas avoir le poil qui se hérisse à l’écoute de ce beau mec à la chevelure affolée, au regard tendre et posé, qui donnait toujours l’impression de ne jamais être là où il fallait. Le destin ne manqua pas de le lui rappeler, en ce funeste 29 mai 1997, lorsque Jeff décida d’aller nager dans le Mississippi avant de repartir composer ce qui allait être son deuxième coup d’éclat en studio, après la parution de Grace en 1994.

Jeff Buckley était un génie. Quinze ans après sa mort, même si la maison de disques Columbia continue de vouloir publier à tout va tout ce qui pourrait consoler le fan endeuillé, le rock ne s’en est toujours pas remis. Plutôt donc que de choisir l’un des titres de son répertoire, le site a choisi de piocher dans l’une des nombreuses reprises que le chanteur s’amusait à interpréter. Et l’on défie quiconque ici de ne pas frissonner à l’écoute de Sweet thing, composée à la base par Van Morrison, et qui passe du statut de jolie balade acoustique à celui d’un chant du cygne poétique et amoureux.

Jeoffroy Vincent

A bon entendeur

Le site officiel de Jeff Buckley

L’œuvre intégrale parue chez Columbia/ Sony en écoute ici.

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