Entre les notes avec Carmen Maria Vega

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Zébulon déjanté et culotté, Carmen Maria Vega a chiffonné l’étiquette d’une chanson réaliste qui collait peut-être de manière trop réductrice sur son premier disque. Avec l’album Du chaos naissent les étoiles, la chanteuse rase tout sur son passage pour reconstruire un univers anarchique où triomphent la poésie et l’irrévérence. Gammazik a rencontré ce drôle de bout de femme pour une interview forcément entre les notes.

Aussi loin qu’il t’est possible, quelle est la première chose dont tu te souviennes ?

Que l’on m’emmenait à l’école. Je détestais cela. Je devais avoir trois ou quatre ans et je n’arrêtais pas de pleurer. Cela a duré jusqu’à ce que j’obtienne mon Bac.

Quel a été ton premier choc musical ?

Je dirais…Queen. Et une chanson en particulier, Living on my own, que j’avais découvert dans un bar dans une version différente de celle d’origine- elle avait été remixée avec des sonorités disco. Je la fredonnais souvent. Lorsque j’ai découvert de quoi elle parlait, j’ai réalisé que j’étais une femme à homos.

Tu tentes de convaincre quelqu’un qui n’aime pas la musique. Que lui fais-tu écouter en premier ?

Sérieux, il en existe vraiment des gens comme ça ? Je répondrais que c’est peine perdue : ça ne sert à rien de convaincre des cons.

Quel est le disque que tu aimes écouter en secret ?

Je réfléchis aux nombreuses choses honteuses que je pourrais écouter (rires). Dalida, mais je m’en cache à peine.

Pour toi, le meilleur film de tous les temps, c’est…

Memory of a murderer  réalisé par Bong Joon-ho. C’est un film policier coréen très beau, filmé de manière magnifique. En général, les coréens ont le chic pour filmer des flics qui se tapent dessus et rendre cela magnifique, même lorsque cela peut paraître grotesque.

Quel est le concert auquel tu aurais aimé assister ?

Michael Jackson, vraiment. A la belle époque, celle de Thriller. Je me souviens d’avoir vu une vidéo où il danse le moonwalk sur la chanson Billie Jean devant des gens qui hurlent de manière hystérique. Probablement parce qu’ils réalisent qu’ils sont en train de voir un demi-dieu.

Tu rencontres une personne qui ne connaît pas Carmen Maria Vega ? Comment lui présentes-tu le groupe ?

Je lui dis que je suis formidable ! Et que devant ce manque évident de modestie, il ne pourra que venir me voir (rires).

Avec quelle(s) personnalité(s) aimerais-tu discuter au cours d’un repas ? Les personnes décédées sont acceptées…

Bernard-Marie Koltès, Freddie Mercury (bien sûr !) et Amy Winehouse afin qu’elle foute le bordel. Et Madame Bovary pour qu’elle écrive un livre de ce dîner forcément mémorable !

Qu’évoque, pour toi, l’image contenue dans « Du chaos naissent les étoiles » ?

Avant tout, une notion de vie : celle de naître dans des conditions extrêmes mais de pouvoir malgré tout accéder à une vie enthousiaste. Après il y a plusieurs parallèles où chacun peut y trouver son compte, depuis l’aspect biblique jusqu’à la théorie du big bang. En fait, je pensais que cette expression était issue de Charlie Chaplin mais il s’avère qu’elle est tirée d’une citation de Nietzche : «Il faut avoir du chaos en soi pour enfanter des étoiles».

Si Dieu existe, que lui dis-tu à ton entrée au Paradis ?

« Qu’est-ce que tu branles ? »

 Propos recueillis par Jeoffroy Vincent

A bon entendeur :

Du chaos naissent les étoiles (AZ/ Universal). Disponible depuis le 2 avril 2012. En écoute ici.

Carmen Maria Vega en concert. Toutes les dates disponibles ici.

Le site officiel de Carmen Maria Vega

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