Ryan Adams, guitarophile romantiquement doué

Publié le Mis à jour le

Ryan Adams. A ne pas confondre, oh grands dieux, avec le bellâtre canadien Bryan Adams qui fit tourner la tête et les mirettes de beaucoup de jeunes filles des années 90. Ryan Adams, âme tourmentée du folk à qui le blog avait consacré un article autour de Whiskeytown en septembre 2011(que les plus curieux et audacieux osent cliquer ici pour le lire). Donc Ryan Adams, chanteur américain adepte d’une mèche brune faussement rebelle et éternelle cigarette figée quelque part. C’est bien simple: si Ryan ne fume pas, il compose. Il faut savoir que le garçon est un artiste précoce et que, à seize ans déjà, le jeune adolescent touche d’une main encore peu aguerrie une guitare électrique qui sert de deuil à sa famille divorcée. Air connu de bien des carrières qui commencent pour tuer l’ennui ou la naissance du désespoir. A 21 ans, Adams va marquer de ses arpèges "Neil Youngesques" toute la gamme discographique du groupe Whiskeytown, compromis éphémère entre la country et la folk, qui livrera avec Avenues, Losering, Easy Heart ou Sit and Listen to the Rain quelques-unes des plus belles chansons qui existent.

Écoute de Avenues

Mais Ryan déborde. Sa guitare le démange de voguer en solo et d’accomplir sa boulimie musicale. Jugez plutôt : alors qu’il entame dès 2000 une carrière sous son seul patronyme, il publie sur le label Lost Highway cinq albums à la suite. Presque un par an. Trois joyaux d’abord (Heartbreaker, Gold, Demolition) puis deux albums plus discutables (Rock’n’Roll, Love is Hell) mais tous dotés de cette volonté presque furibonde de maintenir la tradition du songwriter. Celui qui chante et qui écrit avec ses tripes, même dans ses apparats les plus délicats. C’est drôle parce que, à regarder Ryan sur les photos promotionnelles, on dirait une vraie tête à claques. Le genre de type qui joue les écorchés vifs et qui en fait des chansons par la suite parce qu’il n’a rien d’autre à faire. Sûrement que Ryan est peu de cela, à la différence près qu’il est quand même sacrément doué. Conscient déjà que Dylan, Drake, Springsteen ou encore Young ont tâté de la corde avant lui, en ont exploré les accords de long en large de la caisse, et de manière admirable. Comme un musicien qui rêverait d’être une rock star, Ryan Adams cherche toujours la nuance de ses débordements et de ses états d’âmes. Au contraire d’un Saez qui ne provoque plus que des bâillements, voici une démentielle et floydienne aperçu du talent adamsien. J’avoue, j’ai plané sur cette chanson…

Et, même après avoir produit des chansons à la chaîne, il subsiste tout de même de sa (très large) discographie une somme de titres belle à pleurer (je le sais, j’ai testé pour vous). Capables de lever le voile d’un quotidien moribond vers un azur plus radieux. Parce que Ryan Adams reste le seul artiste ayant reprisé Wonderwall encore mieux qu’Oasis. Sans se vautrer dans l’abysse de la surenchère émotionnelle tout en suscitant chez l’impétueux Noel Gallagher  une admiration ébahie. Rien que pour cette grâce irrévérencieuse, il mérite toujours qu’on l’écoute. Régulièrement.

Jeoffroy Vincent

A bon entendeur :

Toute la discographie de Ryan Adams en écoute ici.

Le site officiel de Ryan Adams

Crédit photo: David Black

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