Et si on jouait à Lollipop Chainsaw ?

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« Ca t’apprendra à taguer le van de mon pote avec ton sang… »
© Warner Interactive

Lollipop Chainsaw est une sorte d’ovni vidéoludique de l’année 2012. Ce titre est tout bonnement inclassable. Cette originalité ne tient pas dans une vision artistico-intellectuelle offrant une expérience de jeu nouvelle comme peuvent le faire Ico ou plus récemment Rain et Journey mais dans le côté joyeusement foutraque et complètement improbable des éléments qui composent le titre. Reprenons du début. Juliet Starling, quintessence de la pompom-girl américaine aves son mini-haut et sa mini-jupe, se réveille le matin de ses dix-huit ans et se rend au lycée comme tous les jours. Sauf que ce matin là ce ne sont pas les adolescents boutonneux habituels qui l’accueillent mais une horde de zombies tout aussi boutonneux qui ne sont, en fait, rien d’autre que les élèves dudit lycée qui se sont retrouvés dans cet état. Armée de sa tronçonneuse à paillettes (qui fait aussi téléphone) et accompagnée de la tête de son petit ami attachée à sa ceinture façon porte-clés, Juliet va alors se lancer dans une traque déjantée pour découvrir le pourquoi du comment de la situation. La lecture des quelques lignes qui précèdent vous donnent un aperçu de la raison qui m’a poussée à acheter ce titre : il est profondément crétin (désolé pour toi petit malin qui a cru que c’était pour la mini-jupe et le mini-haut). Attention toutefois ! N’allez pas croire que crétin est synonyme de mauvais ! Lollipop Chainsaw est un jeu qui ne se prend pas au sérieux et qui nous procure le bonheur jouissif d’un défouloir improbable dans un univers bourré d’humour.

Parfois gore, parfois limite tendancieux mais jamais glauque, Lollipop Chainsaw marque le coup dès sa scène d’introduction. Des étudiants coincés en haut de lampadaires, des zombies qui proclament que les pieds ne servent à rien jusqu’à un match de basket Humains/Zombies… tout cela nous ouvre les portes d’un univers extrêmement coloré à base de bonbons, de cœurs et autres accessoires acidulés. Vous l’aurez compris : l’intérêt majeur du titre tiens dans l’univers qu’il développe. Non pas que buter des zombies décérébrés soit fondamentalement nouveau mais le faire de cette façon est particulièrement réussi. Pour les connaisseurs, l’approche est similaire à ce que le studio Double Fine a pu faire avec Brütal Legend. Le parti pris graphique très proche des comics américains renforce l’immersion totale qui est offerte et fourmille de détails qui permettront au joueur de se fendre d’un sourire, quelle que soit la partie de l’écran sur laquelle se porte son regard (même s’il sera souvent fixé sur Juliet et quelques autres personnages). La jouabilité accompagne le tout de façon très honnête. Les mouvements répondent bien et notre pompom-girl est très réactive aux différentes commandes, ce qui s’avère très utile lorsqu’elle est cernée de petits vieux grabataires danseurs de hip-hop équipés de déambulateurs acérés (oui oui, vous avez bien lu). Cette jouabilité est d’autant plus importante que la difficulté est au rendez-vous. Certains boss particulièrement coriaces vous tiendront en haleine pendant plusieurs longues minutes et vous contraindront à vous y reprendre à plusieurs reprises. Les différentes difficultés offertes sont bien équilibrées mais présentent un seul défaut : ceux qui se feront un défi de récupérer l’ensemble des objets cachés (papiers de sucettes, portraits de zombies…) devront obligatoirement finir le jeu en mode Difficile.

« Où est le défaut ? » me demanderez-vous avec raison ? Ce détail n’est tout simplement mentionné nulle part. Pour le découvrir, il vous faudra vous frotter à deux niveaux de difficulté différents pour vous rendre contre que certains ennemis et objets sont disponibles dans l’un mais pas dans l’autre.

Lollipop Chainsaw ne se distingue enfin pas par un scénario révolutionnaire mais l’histoire qui nous est narrée tient la route avec son lot de rebondissements. Les méchants ont un caractère suffisamment marqué pour nous donner envie de leur défoncer la tronche à coup d’ananas attaché à une barre de pole dance. Ne vous attendez toutefois pas à de l’exploration tout azimuts : nous ne sommes pas là dans un monde ouvert mais dans une trame aussi linéaire que le rythme cardiaque d’un macchabé. Pour le dire autrement, vous suivrez un long chemin et irez exactement là où le scénario a décidé que vous iriez. Seule une fin alternative vous attend si vous arrivez à sauver l’ensemble des survivants du lycée. Les différents niveaux sont cependant ponctués d’objectifs secondaires (sauver un élève, décapiter un certain nombre de zombies…) qui vous donneront suffisamment de fil à retordre pour ne pas vous ennuyez au long des différentes étapes de l’aventure. Pour renforcer le défi que constitue chaque niveau, vous obtiendrez à l’issue de chacun d’eux des notes auxquelles correspondent autant de points qui vous permettront de vous classer dans la grande masse des joueurs partout sur la planète.

Pour résumer, Lollipop Chainsaw est-il un jeu d’aventures qui réformera le genre ? NON ! Lollipop Chainsaw est-il un jeu que les esprits bien pensants et méconnaissant le jeu vidéo utiliseraient pour décréditer notre loisir préféré pour la seule raison que son héroïne est une pompom-girl aux formes avantageuses ? OUI ! Mais au-delà de ça, il demeure un exutoire qui vous permettra de vous défouler et de vous marrer pendant quelques heures le soir après une dure journée de labeur. Entre jouer à Lollipop Chainsaw ou regarder Masterchef, Ice Show ou tout autre émission de variétés télévisuelles, n’hésitez pas une seconde. En plus, vous aurez autant de paillettes dans les deux cas…

Alors à vos manettes et … Let’s Play !!

Valou

A bon entendeur

Lollipop Chainsaw  (Warner Interactive/Grasshopper Manufacture Inc), disponible depuis le 15 juin 2012 pour PS3. Prix indicatif : 18, 46€.

Déconseillé aux – de 18 ans

Le site officiel 

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