How I Met Your Mother (saison 9) – Une fin qui se fait longuement attendre

And we wait for it, and we wait for it, and we wait for it, and we wait for it, and we wait for it, and we wait for it… to end.
© CBS

On ne va pas se mentir. Depuis quoi, quatre ou cinq saisons, on le savait. C’était une vérité qui se faisait ressentir mais que l’on arrivait toutes les semaines à écarter d’un revers de la main. Par déni, la plupart du temps. Désormais, How I Met Your Mother n’a vraiment plus rien pour elle. Plus rien du tout. On va me dire que je me répète, ou que j’enfonce une porte ouverte connue de tous ses spectateurs assidus, mais la sitcom créée par Carter Bays et Craig Thomas – dont on disait à une époque qu’elle était, la bonne blague, un Friends adulte – a gardé le pire pour la fin. Quand on regarde en comparaison ce qu’a été capable de proposer la sitcom créée par David Crane, Martha Kaufmann et Kevin S. Bright sur ses trois dernières saisons, ne serait-ce que sur des sujets éculés tels que l’amour, la paternité ou l’amitié [1], on se demande bien quels psychotropes les personnes ayant fait le rapprochement entre les deux séries ont ingurgité. Mais même sans cette comparaison, cette neuvième et dernière saison est tout bonnement un sommet de nullité. Une sorte d’hara-kiri pathétique, de suicide irrespectueux en prime time qui n’a même pas la noblesse correcte de mettre fin à ses jours en une poignée d’épisodes. CBS étant de toute façon contente de ses audiences, et parce que la mother est d’ores et déjà connue depuis la fin de la saison précédente, les scénaristes n’en ont plus rien à secouer. Il reste une vingtaine d’épisodes à produire ? Ce n’est pas grave: HIMYM n’a rien à prouver à qui que ce soit. Et elle s’évertue chaque semaine à nous le prouver.

Rythme et cadence comique ? Nul. Les épisodes ont beau faire vingt minutes, j’arrive quand même à dormir les yeux ouverts.
Niveau des gags ? Nul. On peut même dire qu’il n’y a aucun gag à proprement parler. C’est dur de faire rire, d’accord, mais tout de même…
Enjeux narratifs? Inconsistants, si tant est que l’on puisse qualifier l’attente d’un mariage d’enjeu valable.
Qualité d’interprétation ? Médiocre. On est arrivé à un tel crash artistique que Barney Stinson se fait rire tout seul comme un idiot. True story…

Le pire dans tout cela, c’est que à une époque pas si lointaine, HIMYM a été une sitcom de bonne tenue. Elle faisait le job. A savoir faire rire et parfois même aux éclats. Elle maitrisait la digression et la capacité de rendre une anecdote savoureuse. Surtout, si elle peinait à rendre ses personnages émouvants, HIMYM les rendait plus ou moins attachants en leurs donnant des problématiques. Des problématiques de coeur mais aussi des problématiques professionnelles qui faisaient que le spectateur, choisissant ou non de s’identifier, parvenait à situer le fil rouge de l’ensemble du récit dans une perspective temporelle relativement concrète. En se rappelant aussi bien des anecdotes que des gags que de la saison en question. Par la suite, elle s’est pris les pieds dans sa propre paresse jusqu’à atteindre aujourd’hui le sommet du plus haut pic de tristesse déplorable. Absolue [2]. Dans une posture décorative qui pue le décor cheap et bon marché [3], l’attente du mariage entre Barney et Robin n’est qu’une suite de remplissages sentimentaux romantico-bidons d’où les acteurs eux-mêmes peinent à s’extraire [4]. On a presque envie de les voir briser le quatrième mur et s’adresser à nous pour nous dire que tout ça, c’est une vaste blague. Une mauvaise blague certes mais une giganstesque et vaste blague. En fait, depuis septembre 2013, date donc de cette calamiteuse reprise, le meilleur gag que les scénaristes aient décidé de faire, c’est de nous laisser croire que la série est déjà terminée. Et comment ne pas les croire ? Comment ne pas rire à l’idée de les voir déserter le plateau pour aller se boire un coup au pub d’à côté, contents de laisser la distribution se débrouiller pour trouver quelques gags.

SCENARISTE 1:
« Tout de même, je n’ai pas pu m’en empêcher, je leur ai laissés quelques bouts d’idées notées à la va-vite sur un brouillon »
SCENARISTE 2:
« Tu es bien brave, le mien doit contenir autant de ratures que de petits dessins dans les coins »
SCENARISTE 1:
« De toute façon, on peut compter sur Neil pour boucher les trous par deux ou trois passages chantés non ? »
SCENARISTE 2:
« Mouais, pas sûr. Il risque d’y en avoir tellement que ça deviendrait How I Met… the musical ! »
SCENARISTE 1:
« C’est pas mal ça, How I Met en comédie musicale. Ecoute, si on survit à cette dernière saison, on peut toujours décliner le concept à Broadway »
SCENARISTE 2:
« On verra. Tiens, ça va être l’heure du season premiere. Tu veux qu’on demande au barman de nous mettre sur CBS ? »
SCENARISTE 1:
« Penses-tu, j’ai pas que ça à faire. Tu ferais mieux de lui demander plutôt deux pressions »

Pour info, il ne reste plus que neuf épisodes. Soient trois heures et quelques d’épisodes avant une fin qui, en plus, possède l’ironie chic de s’appeler Last Forever. Même un chat malchanceux choisirait d’éliminer ses vies autrement que ne le font toutes celles et ceux qui continuent encore de trimer lamentablement sur ce show. Ou que celles et ceux qui continuent de le regarder. Au moment de conclure cet article, je me pose une question. Une question toute simple:  après tout cela, toutes ces palabres, toutes ces saisons pour rien, dans dix, vingt, trente ou quarante ans, que retiendra-t-on de How I Met Your Mother ?

Jeoffroy Vincent

[1] :  Les scénaristes avaient tout de même réussis à rendre la lovestory entre Joey et Rachel crédible, et provoquer entre deux rires une émotion inattendue entre Chandler et Monica au sujet de leur impossibilité à concevoir des enfants.
[2] : A moins que les Boyz II Men en guest soit aussi un pied de nez comique que je n’ai pas saisi.
[3]: Mon Dieu ces retouches digitales lors des scènes qui se passent en haut de ce phare qui se situe je ne sais même plus où. Mon Dieu ce B & B.
[4] : C’est d’ailleurs un crève-coeur que de voir Frances Conroy, exceptionnelle dans Six Feet Under, se fourvoyer de la sorte.

A bon entendeur

How I Met Your Mother  (2005/2014, USA. 193 épisodes).

Saison 9 diffusée depuis le 23 septembre sur CBS. Series finale le 31 mars 2014.

Le site d’How I Met Your Mother

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